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Bernard Boucault, pur produit de l’ENA, a été nommé au poste de Préfet de police de Paris en Conseil des ministres par François Hollande et « installé » par Manuel Valls le 26 juin 2012. Il fait partie de ces fonctionnaires qui ont choisi leur camp. Le 24 mars 2013 il a ouvertement pris parti contre la Manif Pour Tous en minorant de façon ubuesque le nombre de manifestants et en couvrant ses fonctionnaires qui embarquaient et gazaient à tire-larigot.

Par contre, lors de la soirée célébrant le titre de champion de France du Paris-Saint-Germain (PSG), Monsieur le préfet, ne voulant pas indisposer ses nouveaux maitres quataris, n’avait positionné qu’un dispositif allégé. On connait la suite, illustrée par les violences et saccages de la part d’une faune de prédateurs venue en masse pour fêter l’évènement.

Nous n’avons donc pas été surpris quand une manifestation projetée le 14 septembre 2013 pour la défense des libertés publiques par le Réseau-Identités (parti politique agréé par l’état) a été interdite. Monsieur le préfet de police fait partie en effet de la « préfectorale », une institution anachronique, quasiment unique au monde, que la France partage  avec seulement quelques pays d’Afrique et d’Amérique du sud.

Natif de Béziers, ville cathare rebelle, je m’étais permis de brocarder Bernard Boucault en lui glissant quelques vers de « l’âne chargé de reliques » une fable de ce bon Jean de la Fontaine, en espérant que Monsieur le préfet, dont le départ en retraite n’est qu’une affaire de mois, trouverait à méditer sur l’éclat éphémère du pouvoir.

Qu’on juge de mon degré d’impertinence :

Un baudet chargé de reliques

S’imagina qu’on l’adorait :

Dans ce penser, il se carrait

Recevant comme siens l’encens et les cantiques

Quelqu’un vit l’erreur et lui dit :

« Maître baudet, ôtez-vous de l’esprit une vanité si folle.

Ce n’est pas vous, c’est l’idole,

A qui cet honneur se rend,

Et que la gloire en est due. »

D’un magistrat ignorant,

C’est la robe qu’on salue.

Je terminais par cette mise en garde : « Evidemment toute analogie entre Boucault et Bourricot serait purement fortuite ». 

C’est cette dernière phrase qui me vaut aujourd’hui d’avoir à  subir avec ma camarade Josiane Filio de Riposte Laïque une véritable lettre de cachet que Monsieur la préfet a la prétention de nous faire délivrer à Carcassonne.

Comme disait l’amuseur Jean Amadou que j’ai côtoyé dans ma jeunesse à Valras-Plage : l’humour, contrairement à ce que l’on pourrait croire, est une manifestation de l’intelligence… Monsieur le préfet Boucault –sauf le respect que je ne lui dois pas- est visiblement dénué de l’un comme de l’autre…